Le Web 2.0 me tracasse toujours autant. J’ai trouvé chez GuiM Weblog différentes définitions qui renvoie toujours au même point : elles font preuve d’un certain “technocentrisme”, autrement dit, puisque j’utilise telles applications techniques, j’ai telles pratiques, il n’y a pas de raison que mon voisin n’en fasse pas de même.

Un point sur lequel les auteurs reviennent est le bénéfice du Web 2.0 pour la démocratie et la société de consommation. En gros, puisque des internautes peuvent produire un contenu d’une qualité meilleure que les journalistes, et puisque tout le monde les lit, les médias de masse sont sérieusement menacés. Bref, on réinvente le modèle de communication par les leaders d’opinion (two-step flows) en y ajoutant la notion de désintermédiation.
On peut alors y objecter une observation de Patrice Flichy (L’imaginaire de l’Internet) : ” la plupart des usagers semblent utiliser l’informatique en ligne, média interactif par excellence, de la même façon que les médias de masse traditionnels. La grande séparation entre les émetteurs et les récepteurs semble se maintenir malgré la mutation technologique.” (P. 111). Il y a toutes les chances pour ce constat se maintiennent face aux avancées techniques induites dans le Web 2.0.

Un article sur le “Web 2.0 : la révolution par les usages” est d’ailleurs assez saisissant : “On envisage dans un avenir proche où il faudra faire partie d’un cercle de connaissances pour pouvoir solliciter et être sollicité (e-mail, messagerie instantanée, SMS et mêmes sites Web à visiter).” Cela me rappelle étrangement la manière dont les adolescents intègrent Internet dans leurs pratiques sociales. Internet est un vecteur de communication interpersonnelle.
Du moins, le Web 2.0 donne cette impression où, tout au plus, Internet devient le révélateur de pratiques sociales antérieures, certes avec un changement potentiel d’échelle.