Quelle place occupe aujourd’hui Skyblog dans l’univers des industries musicales. La question est légitime, dans la mesure où la plate-forme s’est imposée dans les pratiques culturelles adolescentes, apparaissant comme un vecteur dans la consommation des biens culturels. Partant de là, on peut s’interroger sur les stratégies des industries culturelles autant que sur les tactiques des jeunes fans pour faire exister leur passion et eux-même à travers elle.

Ce qui me marque ainsi, c’est les dernières entrées dans Google News consacré à Skyblog. Aujourd’hui, deux entrées. L’une est consacrée à une jeune artiste marseillaise, Kenza Farah, dont il est dit que “ses chansons tournaient déjà en boucle dans les fêtes de quartiers et les MJC de Marseille, quand une de ses premières fans lui consacre un Skyblog. C’est ainsi que Kenza Farah se fait connaître au-delà de sa ville.” Elle dispose aujourd’hui bien évidemment de soon skyblog et de son myspace. L’autre est consacrée à “la chanteuse Shy’m (qui) vient de confirmer sur son Skyblog officiel qu’elle vient de terminer l’enregistrement de son tout nouveau single.”

Difficile de généraliser à partir de deux exemples, mais ceux-ci suscitent une double interrogation :
– la place de Skyblog dans le travail des fans ;
– la place de Skyblog dans l’industrie musicale, et les stratégies de promotion des artistes.

Au final, c’est la place de Skyblog comme interface entre l’artiste et son public, nouvelle médiation qui serait aujourd’hui difficilement contournable. Certes, on sent l’importance a posteriori de Skyblog pour expliquer un succès : “une de ses premières fans lui consacre un Skyblog. C’est ainsi que Kenza Farah se fait connaître au-delà de sa ville.” Sans doute est-ce schématique. Mais ce point de vue a pour mérite de poser Skyblog comme un des lieux incontournables de diffusion de la culture, légitimant par là-même le rôle de la plate-forme.