Après la découverte tardive de la typologie proposé par Embruns en 2004, remise au gout du jour par internetetopinion, c’est au tour d’Olivier Ertzscheid de proposer la sienne, tirée de son ouvrage sur le blogging, qui au passage ne prend pas en compte les blogs collectifs d’adolescents, pourtant nombreux.

Celle fait suite à deux autres proposées : celle de Mathieu Paldacci, dans un article paru en 2003, Les quatre mondes du journal intime en ligne (PDF), puis celle de Dominique Cardon et Hélène Delaunay-Téterel (2005). Certes les entrées choisies ne sont pas les mêmes, mais renvoie in fine à une cartographie sensiblement identique dans la manière d’appréhender le phénomène, autour de la double interrogation sur l’énonciateur, sa manière de se présenter, de se mettre en scène et la finalité de la publication et le récepteur envisagé.

Edit : Suite au commentaire d’Emmanuel Bruant, je vais tenter de justifier ce qui me dérange avec la pratique des typologies. C’est d’ailleurs le problème posé par toute typologie, sous-entendu par toute démarche hypotético-déductive : elle pose un regard ancien sur un objet nouveau. Elle ne permet pas de saisir la richesse de ce qui se passe dans la construction d’univers singuliers en ligne. Elle tend à plaquer des catégories préconstituées, validées dans d’autres espaces sociaux autour d’oppositions telles que public/privé, intime/extime, professionnel/amateur, individuel/collectif. Les typologies ont pour vertu la description, mais aussi en est la principale limite. Elle aplatit un monde en construction, ne prenant pas en compte son caractère dynamique.
Une autre posture méthodologique possible, une autre voie, est celle de l’induction. Démarche défendue par Florence Le Cam :”the inductive perspective is more than an approach to discover the field, it is also an original and rigorous way to explain the process of production of science.”

Partant de là, si typologie il peut y avoir, elle doit être le fruit d’un travail de terrain et non le prétexte à validation d’une grille de lecture (trop?) généralisante.